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Une sixième victoire pour la France ?

Une sixième victoire pour la France ?

Un sixième étoile pour la France ?

Ce soir c’est la grande finale de l’Eurovision et c’est un spectacle fabuleux qui s’annonce. Si vous hésitez entre la finale de The Voice et celle de l’Eurovision, il n’y a pas photo c’est sur l’Eurovision qu’il faut aller car c’est comme la finale de la coupe du monde de foot, il faut absolument regarder ça en direct. Vous pourrez toujours voir The Voice en replay plus tard.

En effet, les cotes des bookmakers sont en constante évolution, même si depuis quelques heures elles se sont stabilisées. Cela traduit malgré tout une grande incertitude sur le résultat final et de grosses surprises sont à prévoir. Bref il y aura du suspense jusqu’au bout. D’ailleurs à concours-eurovision.fr on n’a jamais dû rédiger autant d’articles pour annoncer le gagnant. On pense que pas moins de huit pays peuvent l’emporter.

La France est dans le Top 5 des bookmakers, alors tout est possible. On y croit encore plus que pour Amir. Il peut se passer quelque chose ce soir et notre pays peut tirer son épingle du jeu. Le Top 10 nous ouvre les bras, le Top 5 serait un sacré bon résultat et la victoire une divine surprise et un moment de grande émotion, sans doute encore plus fort qu’en 1977 et qui aura des répercussions énormes sur la façon dont l’Eurovision est considéré en France.

Au moment où nous écrivons cet article, la troisième générale de la finale, celle des familles, est diffusée sur les écrans. On va vous dire ce qui vous attend sans trop spoiler.

Si vous arrivez en retard ce soir ce n’est pas un problème. Tradition fado obligée, l’ouverture de ce Concours 2018 avec Ana Moura and Mariza est l’une des plus déprimantes depuis bien longtemps et si la prod voulait faire fuir les téléspectateurs vers la concurrence elle ne pourrait pas mieux s’y prendre.

Mais à 21h10 ça va démarrer fort avec l’Ukraine qui débute ce Concours. L’UER a sans doute été satisfaite que le pays organisateur de l’an passé ait tiré la première partie. ça permet de le mettre en numéro 1 ce qui fait une jolie entrée en matière, ça débarrasse et assure à coup sûr qu’on ne retournera pas à Kiev l’an prochain, même si l’Ukraine peut prétendre au Top 10, car comme d’habitude c’est très bien fait et confirme ce que nous pensons de ce pays qui est après la Suède le second grand pays de l’Eurovision aujourd’hui.

On a frôlé le suicide collectif chez les fans espagnols quand a été révélé l’ordre de passage de notre voisin ibérique : la position 2, qui est considérée comme la pire de toutes. Bref c’est une exécution qui s’annonce pour le couple d’amoureux Amaia et Alfred. Un bottom 5 se profile, alors une place en milieu de classement serait un résultat inespéré. Mais si vous aimez les romans à l’eau de rose, la guimauve et le sucre candy, mobilisez-vous pour Amaia et Alfred !

Les djeunes pourront ensuite s’éclater avec le Hvala, ne slovène et ainsi aller se coucher vers 21h20. La petite Lituanienne Ieva Zasimauskaitė succédera ensuite sur scène à Lea Sirk avec sa petite ritournelle When we’re old que, comme nous, vous apprécierez, et que, comme nous, vous oublierez car en terme de ballade, il y a bien plus accrocheur après.
L’Autrichien Cesár Sampson et la Castafiore Estonienne Elina Nechayeva feront le job ensuite, mais là aussi leur passage en début de programme les fera oublier assez vite. Elina a pas mal baissé chez les bookmakers (elle est 10ème). Ont-ils réalisé que le mélange lyrique-pop date de plus de trente ans (Kimera ça vous dit quelque chose ?) et que le mise en scène est du déjà vu au Concours (Moldavie et Roumanie 2013) ? Mais l’essentiel pour eux était d’être en finale, alors la mission est remplie.

Le premier gros favori de cette édition 2018, le Norvégien Alexander Rybak, passe bien tôt, en position 7. Certes il a baissé chez les bookmakers (9ème) mais il reste très dangereux et il ne faut pas le manquer. Pro et propre, ça devrait engranger des points et plaire même à ceux qui, comme nous, n’aiment pas les choubidou-bop. Viennent ensuite le Portugal, toujours aussi soporiphique, et la gentille Britannique SuRie qui fera de son mieux mais à qui les bookmakers promettent déjà le bottom 5. Elle sera suivie des Serbes Balkanika mais sans leur mentor Sanja Ilić qui assistera à leur performance de la green room où il se sera installé avec son épouse qui a co-écrit le titre Nova deca. C’est le moment ethnique de ce concours, recommandé aux amateurs de ballades balkaniques.

Après ces dix premières chansons, vient un très gros morceau, sans doute l’une des révélations de ce Concours, l’Allemand Michael Schulte qui interprétera avec beaucoup d’émotion sa ballade You Let Me Walk Alone dédié à son père disparu trop tôt. One love, two hearts, three kids and a loving mum … vont vous marquer et vous terminerez cette performance avec la larme à l’oeil. L’Allemagne a effectué depuis quelques jours une splendide remontée chez les bookmakers et pointe au milieu du Top 10. Nous pensons qu’il peut espérer encore mieux …

On séchera nos larmes avec le morceau rock de l’Albanie avec lequel on passera un bon moment même s’il a été mis ici, en position 12, uniquement pour servir de relai entre Michael Schulte et Madame Monsieur. En regardant la prestation française vous plongerez dans les yeux d’Emilie, notre coeur battra encore plus fort et vous vous imaginerez que notre sixième victoire est à portée de main.
Les djeunes que vous avez mis au lit pourront être réveillés pour profiter de la performance colorée et actuelle du Tchèque Mikolas Josef. Il y a encore quelques jours il était parmi les favoris des bookmakers mais depuis une semaine il dégringole. Pourtant méfiez-vous de lui car avec sa bretelles, ses lunettes et son sac à dos il pourrait surprendre.

La prestation danoise de Rasmussen en position 15 est une réussite. Certes c’est très viril, avec les barbes et des cheveux longs à la mode vikings, mais c’est diablement efficace notamment quand Rasmussen et ses acolytes s’avancent au pas devant nous. Surtout n’ayez pas peur, ils sont très gentils car ils pronent la non-violence.

On n’a rien à attendre de l’Australienne Jessica Mauboy sinon quelques fausses notes, mais elle est tellement heureuse d’être là et nous on l’adore ainsi que son morceau dansant We got love. Alors on passe quand même un bon moment, on danse et le sourire radieux qu’elle nous lance à la fin de sa chanson vaut tous les bisous du monde. Restez debout car ensuite vient un autre morceau dansant, le Monsters de Saara Aalto. Etonnant que la production ait enchaîné les deux titres. On soupçonne Saara Aalto, qui n’a pas été très convaincante mardi soir, d’avoir obtenu son ticket pour la finale de justesse.

Préparez-vous ensuite à avoir les poils des bras qui se dressent avec le Bones des Bulgares (en fait il n’y a que trois Bulgares sur cinq) Equinox. C’est superbe, sublime, mon coup de coeur de cet Eurovision avec un final éblouissant. Je pourrai vous dire que ça va gagner l’Eurovision mais ce titre me paraît trop sombre pour prétendre à la victoire et les groupes ne marchent plus à l’Eurovision depuis longtemps.

Dommage, car je me verrais bien aller à Sofia l’an prochain.

Avec les Moldaves DoReDoS c’est encore un grand moment qui se profile à l’horizon. On est dans une ambiance de théâtre de boulevard avec l’amant de Madame (pas Emilie) planqué dans le placard et des portes qui claquent. C’est désopilant et le jeu de scène des trois chanteurs et des trois danseurs qui les accompagnent est une vraie réussite. On s’amuse et on danse sur ce morceau aux sonorités balkaniques. Bref, on passe un bon moment.

Notre camarade Ethan est dithyrambique sur la prestation du Suédois Benjamin Ingrosso. Mais bon, enlevez les choristes qui assurent l’essentiel du refrain et il ne reste pas grand chose. Ok, comme d’habitude c’est bien fait mais bon ça ne mérite quand même pas le Top 10. Et le fait que les Suédois disposent de plus de temps que les autres pour installer leur matériel nous agace.

Si vous êtes amateur de chansons douces, comme celles que vous chantait votre maman, munissez-vous de boules quies pour la prestation hongroise. Beaucoup de journalistes ici considèrent ce morceau comme un chef d’oeuvre. Nous on appelle ça du bruit. Vous me direz c’est du hard rock. Mais le hard rock peut être mélodieux ce qui n’est pas le cas de Viszlát nyár. Alors nous laisserons les bobos se pâmer sur la chanson hongroise et nous attendons patiemment trois minutes qu’arrive l’Israélienne Netta. L’ex-favorite des bookmakers a déçu. Mais comment mettre en scène ce morceau à la limite du gag dont beaucoup ne retiennent que les cris de poules ? C’est coloré, Netta est habillée comme l’as de pique (à la coréenne) et fait de grosses grimaces.

C’est dansant, mais le tout nous parait un peu brouillon. On ne voit pas Netta gagner. Mais vu qu’on disait pareil de Salvador Sobral l’an passé, vous avez le droit de douter.

Ambiance Nashville pour le Néerlandais Waylon avec une mise en scène qui oscille entre groupe de rock et danseurs de hip-hop. Ca a surpris mais c’est original. Et l’essentiel c’est que la voix de Waylon est là et qu’il parvient à vous accrocher même si vous n’êtes pas fan de blues ou de country.

Encore une prestation à ne pas manquer : celle de l’Irlande. Si la ballade de Ryan O’Shaughnessy nous semble un peu molle, le fait d’avoir repris la mise en scène du clip dans la prestation est excellente et sublime le morceau. Elle lui apporte ce petit plus qui fait un gagnant. Résultat, l’Irlande pointe à la troisième place des bookmakers. Il vous faudra peut-être ressortir vos vieux guides de Dublin pour 2019…
Place à la diva de ce Concours, la Chypriote Eleni Foureira qui s’apprête à mettre le feu à l’Eurovision 2019. Elle est number one chez les bookmakers.

C’est la prestation dansante la plus efficace et la plus aboutie avec des mouvements de tête et de bassin en veux-tu en-voilà. Nous, on y a vu un mélange de Beyoncé et d’Helena Paparizou. Il y a du mouvement à l’écran mais son titre n’a rien de très original et ne nous semble pas hyper actuel. Bref ça serait une victoire par défaut.

On termine par l’Italie et la prestation très réussie des Italiens Ermal Meta et Fabrizio Moro qui proposent en gros la même mise en scène que la France mais avec les paroles de leurs chanson incrustées à l’écran en plusieurs langues ce qui est très réussi.

Vous pourrez ensuite faire une grande pause jusqu’aux premiers votes car l’interval act, aux sonorités très portugaises, fut d’un ennui mortel (que nos amis Portugais nous pardonnent). Un hommage express (10 secondes) a été rendu à Lys Assia. Par ailleurs on aperçoit Suzy (5 secondes) au cours d’un petit numéro humoristique où les minettes (et les minets) n’auront d’yeux que pour un charmant danseur portugais aux abdos en plaquettes de chocolat. Salvador Sobral le pourfendeur de musique fast-food a pointé le bout son nez en fin d’interval act, mais était-ce de bonne grâce ?

Préparez-vous ensuite à vivre l’une des cérémonies les votes les plus suprenantes depuis longtemps. On prévoit que les votes des jurys vont partir dans tous les sens et que l’annonce du télévote sera très tendue. L’intensité des cérémonies de 2016 et 2017 devrait être surclassée.

 

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