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En direct de Kiev – Les tribulations d’un Français dans la capitale Ukrainienne

En direct de Kiev – Les tribulations d’un Français dans la capitale Ukrainienne

pere-5Cela fait plus de deux semaine que nous sommes à Kiev (ici on dit Kyiv) et nous n’avons même pas pu vous parler de l’ambiance en ville et au Centre International d’Exposition en cette période d’Eurovision. Il faut reconnaître que nous ne sommes pas non plus les personnes les mieux placées pour en parler vu que nos pérégrinations nous conduisent essentiellement de notre appartement au centre de presse et inversement. Mais nous avons quand même pu remarquer quelques tendances.

Si on ne doit retenir qu’une seule chose sur l’ambiance ici c’est évidemment de la sécurité dont il faut parler. Jamais nous n’avons vécu dans une ville qui compte autant de policiers et de militaires sans parler ici au centre de presse le personnel de sécurité. Le record de Bakou est battu. Les autorités ukrainiennes ont fait de la question de la sécurité le point numéro un de l’organisation du concours. La ville est quadrillée et encore plus dans les endroits sensibles (Centre d’exposition international, Euroclub, Eurovillage). Les contrôles de sécurité sont tatillons et avec le personnel de la sécurité il ne faut pas plaisanter. Interdiction les premiers jours de photographier les bâtiments.Respect obligatoire des zones fumeur et c’est la même règle pour tous. La pauvre Valentina Monetta en sait quelque chose et elle se rappellera longtemps de l’engueulade qu’elle a prise quand elle n’a pas fait sa pause cigarette dans ladite zone. Aux points de contrôle on doit allumer les portables et les ordinateurs, sortir les appareils photos et les caméras et parfois même les objectifs. Le bon côté des choses est qu’on se sent vraiment en sécurité ici. Ce souci constant de la sécurité ne doit pas nous faire oublier que l’Ukraine est (officieusement) un pays en guerre. L’est du pays est tenu par des milices pro-russes, voire russes. D’ailleurs l’ombre de la Russie plane sur le concours. Après avoir tenté de faire passer les Ukrainiens pour des sans cœur qui refusent l’entrée de leur pays à une malheureuse handicapée, la Russie ne serait pas mécontente qu’un évènement imprévu pendant le concours ne décrédibilise sa voisine ukrainienne. Il faut avouer que si beaucoup se sont chagrinés du retrait en dernière minute des russes, ceux-ci ne nous manquent pas vraiment et finalement l’Eurovision qui a appris à se passer de la Turquie pourra très bien se passer de la Russie si elle décide à son tour de bouder.

pere-1La vie est très bon marché ici. Notamment la nourriture. Un bon resto coute moitié moins cher qu’en France et au centre de presse on mange au self, un self un peu rustique avec nourriture locale,pour un à deux euros. Par contre il est difficile de se faire comprendre. Les Ukrainiens parlent peu l’anglais et c’est parfois ennuyeux. Ils sont aussi un peu distraits. Ainsi nous avons dîné trois fois dans un restaurant italien et la jeune femme qui a pris nos commandes a oublié deux fois une partie de notre commande.

Nous avons aussi remarqué que parmi les personnes préposées au ménage, notamment dans les restaurants, il y a des mamies. On s’interroge. La vie ne doit pas être facile pour les personnes à la retraite ici. Et un petit boulot par-ci ou par-là est un bon moyen d’arriver à joindre les deux bouts.

Il y a aussi des curiosités. Ainsi l’ascenseur de notre immeuble a la particularité de ne fonctionner que le jour avec un papy qui nous ouvre complaisamment la porte voire qui monte avec nous, des fois qu’on se perdrait. Mais passées huit heures du soir et jusqu’au petit matin nous n’avons pas droit à l’ascenseur, et comme nous rentrons rarement après neuf heures, il faut se taper les trois étages à pied, chargés comme des bourriques avec notre matériel audio et vidéo.

J’ai aussi remarqué qu’il y a beaucoup de pharmacies. On en trouve à tous les coins de rue. Les Ukrainiens sont-ils hypocondriaques ? A moins que ça ne soit pour soulager les personnes souffrant de fractures après être tombées dans les escaliers. En effet les escaliers ukrainiens ont la particularité de ne pas avoir la même hauteur…

pere-4Autre curiosité c’est le nombre de personnes occupant un emploi à ne rien faire ou plutôt à faire pas grand-chose, par exemple dans le métro. Une personne à la caisse pour acheter son ticket (en fait un jeton en plastique à glisser dans une fente du tourniquet), une autre pour vérifier si on passe correctement les tourniquets et une troisième pour surveiller les accès à l’escalier mécanique. Un escalier très long car le métro est en profondeur. D’ailleurs dans le métro il y a un accès pour entrer et un pour sortir et gare à celui qui se trompe !

Ici taxis = arnaque (on a testé) et la plupart des membres de la presse préfèrent passer par Uber. Du côté des navettes entre le centre de presse et l’Euroclub et l’Eurovision village ce fut laborieux, les chauffeurs oubliant parfois de venir nous chercher ou oubliant de nous déposer à l’euroclub… La ville est aux couleurs de l’Eurovision. Le quartier de la place Maidan a été fermé à la circulation et s’est transformé en Eurovision village. Celui-ci n’a rien d’extraordinaire. Comme chaque année il y a une scène où les artistes peuvent se produire, par exemple pour la soirée scandinave de samedi soir, et les stands des différents sponsors, sans oublier de quoi boire et manger.

L’Euroclub est diversement apprécié. Nous y avons fait un tour pour la soirée Oikotimes du 3 mai, mais nous n’y sommes pas retournés depuis. Côté températures, la première semaine fut ensoleillée mais la pluie s’est invitée depuis lundi. Nous avons même eu des flocons de neige mercredi matin… On nous a donné une carte de transports et c’est en métro que nous nous rendons le matin au Centre d’exposition international situé sur la rive est du Dniepr.

Le centre de presse a été toute la première semaine l’univers presque exclusif des médias (essentiellement webmédias) Eurovision. A partir de dimanche les gros médias généralistes ont pris possession du centre de presse et les web médias Eurovision sont moins présents et moins visibles.Les caméras sont de plus en plus présentes et le public se féminise. Le centre de presse est divisé en deux parties. Une partie « Presse » et une partie « Fan » assez sympa avec fauteuils, canapés et poufs et un grand écran, idéale pour suivre les répétitions.

Mais pour le moment les fans se font désirer. Il y a fort à parier que la presse va s’emparer de l’endroit. Ce qui est amusant c’est qu’il y a des stands boissons-sandwichs. L’un à des prix ukrainiens, l’autre à des prix Eurovision, et vous le devinerez le second ne fait pas recette. Pour le merchandising ce sont aussi des prix Eurovision. 600 UA pour le CD officiel, soit 20 euros environ, on attendra le retour en France pour l’acheter.

Voilà on a fait le tour. Malgré les quelques travers que nous avons cité, nous avons été bien accueillis et les volontaires sont gentils et prévenants. Certes c’est strict mais c’est finalement pas plus mal et nous pouvons travailler dans de bonnes conditions. Pour nous Kiev 2017 est, pour le moment, l’un de nos meilleurs concours pour les conditions de travail des journalistes au centre de presse tant pour l’organisation que de l’accueil.

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