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Eurovision Gala Night 2016 – Dana, Conchita et Verka mettent le feu à Luxembourg

Eurovision Gala Night 2016 – Dana, Conchita et Verka mettent le feu à Luxembourg

L’Eurovision Gala Night de Luxembourg s’est imposé ces dernières années comme l’un des évènements majeurs de l’arrière saison de l’Eurovision. C’est une soirée de gala organisée par OGAE Luxembourg, où le dress code est exigé. C’est l’occasion pour les dames du Grand-Duché de venir avec leur dernière robe de grand couturier et pour les messieurs de ressortir le smoking avec noeud papillon. L’évènement attire aussi pas mal d’amateurs du concours de France, Belgique, Allemagne et Pays-Bas. Bref, c’est the place to be si vous aimez l’Eurovision et que vous vous trouvez à moins de 400 kilomètres de la capitale du Grand-Duché.

Cette année, pour la neuvième édition, le programme était très alléchant mais aussi très queer, puisque le trio des invités de marques était constitué de Dana International, célèbre transexuelle et lauréate du concours 1998 pour Israël, de Andriï Mykhaïlovytch Danylko, alias Verka Serduchka, qui avait fait sensation à l’Eurovision 2007 pour l’Ukraine et avait terminé à la seconde place, et enfin de Conchita Wurst, le célèbre travesti qu’on ne présente plus et qui avait permis à l’Autriche de remporter sa deuxième victoire en 2014 à Copenhague.Annoncée à l’Eurovision Gala Night en octobre 2014, cette dernière s’était décommandée au dernier moment mais avait promis de revenir. Promesse tenue donc. L’évènement a eu lieu le samedi 22 octobre au conservatoire de Luxembourg.

Le duo de présentateurs, Mireille et Eric est bien rodé et a été à nouveau parfait. A la fois clairs et concis mais aussi amusants, ils présentent le spectacle dans les trois langues, luxembourgeois, français et anglais. La première partie du spectacle est un concours de chant mais de chansons de l’Eurovision évidemment. Quatorze candidats se sont affrontés, et c’est un tirage au sort intégral qui a décidé de l’ordre de passage. On a retrouvé des participants des années précédentes mais aussi de petits nouveaux et petites nouvelles. Chaque candidat représente un pays mais parfois avec une chanson ne correspondant pas au pays de l’Eurovision. Ainsi le tout jeune (et très applaudi) Adriano Lopes a interprété la chanson suédoise de 2016 If I were sorry pour la Norvège. On a remarqué entre autres de très fortes interprétations comme Steve Hary et Mama corsica, Mirko Buljan et Heartbeat ou Leticia Acurcio et Rhythm inside (avec danseurs !). Mais c’est Maryse De Donato qui avec Si la vie est cadeau, la chanson lauréate du concours 1983, remporte la compétition pour le Luxembourg, qui gagne ainsi à la maison … comme en 1973 !

C’est ensuite la pause. L’occasion pour le public, dont le vote compte pour 25%, de voter au moyen de 14 tirelires au profit d’une oeuvre de charité, chaque tirelire correspondant à l’une des 14 chansons en compétition. Le vote du public est comptabilisé en fonction de la somme récoltée dans chaque tirelire. Pour le reste, les 75% du vote, c’est un jury composé d’une dizaine de personnes issues des sponsors qui décide. On remarque dans ce jury le très grand René Romkes, organisateur de Eurovision in Concert, et Tomaž Mihelič, chanteur du groupe slovène Sestre. On note également ce soir la présence de l’ambassadeur d’Autriche au Luxembourg. La seconde partie du spectacle débute avec la gagnante de l’Eurovision Gala Night de l’an passé qui revient interpréter son titre victorieux sur scène.

Puis c’est au tour de la grande Dana International de monter sur scène. Elle nous a interprété cinq titres parmi ses grands succès, dont évidemment Diva. Dans l’assistance il y avait quelques spectateurs qui s’étaient travestis pour l’occasion. Logique, quand on vient voir Dana, Conchita et Verka, pour les messieurs la robe, la perruque et les plumes sont de circonstance pour la soirée. Au milieu de Diva, Dana a ainsi invité deux travestis à monter sur scène pour interpréter la chanson avec elle. Le tour de chant était très électro et a été particulièrement du goût de Cornelius qui s’est déhanché pendant les vingt minutes de la prestation de la célèbre israélienne. Mireille et Eric ont rejoint Dana sur scène pour une petite discussion et quelques questions. Ainsi Dana a indiqué qu’elle avait dû, lors de l’Eurovision 1998, renoncer à sa robe Jean-Paul Gauthier car la production avait trouvé l’ensemble trop encombrant ce qui a dû quelque peu frustrer la pétulante Dana à l’époque car la robe avait coûté parait-il plus de 200.000 euros, chaque plume valant pas moins de 1.000 euros. Elle s’était promise de porter la robe en cas de victoire, ce qui explique pourquoi elle a disparu des écrans radars juste après l’annonce du résultat avant de venir re-chanter Diva. Quant à la fameuse chute de 1999, au moment où elle devait remettre le trophée et que les organisateurs de l‘Eurovision Gala Night ont aimablement diffusé sur l’écran géant de la scène, elle était due au compositeur suédois qui devait recevoir le-dit trophée et qui lui avait marché sur la robe, d’où un magnifique gadin devenu aujourd’hui culte.

Conchita a succédé à Dana sur la scène pour un tour de chant de cinq chansons, dont bien sûr Rise like a phoenix, mais aussi Heroes et You are unstoppable. Interprétation impeccable comme d’habitude de notre saucisse autrichienne préférée, qui a été ovationnée pendant de longues minutes par une assistance conquise, ce qui l’a beaucoup émue. Elle a fait part à l’assistance qu’elle réfléchit actuellement sur l’orientation à donner à la suite de sa carrière.

On garde toujours le meilleur pour la fin parait-il. C’est au tour de Verka Serduchka de fouler la scène du conservatoire, mais elle n’est pas seule. Ils sont douze sur scène ! Des musiciens, des choristes, des danseurs, sans oublier la fameuse mama de Verka, sont là pour un petit tour de chant integralement en live (Dana et Conchita étaient en playback orchestre). Le show est bien rôdé et a débuté par le fameux Dancing Lasha Tumbai, sa chanson du concours 2007. Avec Verka c’est ambiance… fête de la bière, mais à la mode slave. Et comme Verka estime qu’ils ne sont pas assez nombreux sur scène, elle invite le public à les rejoindre et une bonne vingtaine de personnes sont ainsi venues se trémousser aux côtés de Verka et de sa mama sous une pluie de confettis. A n’en pas douter c’est sans doute la prestation la plus folle qu’a vécu le très sérieux conservatoire de Luxembourg.

Pourtant avec Verka ça ne rigole pas. Il est interdit de l’approcher et le lui parler directement. Il faut toujours passer par son manager. Quant à son groupe, elle le mène à la baguette. C’est l’armée. Ainsi pour le shooting photo, le sergent Verka a eu besoin de pas moins de dix minutes pour placer son petit monde et quand elle découvre qu’il manque un des musiciens elle l’envoie chercher illico et lui passe un savon. Mais elle a joué le jeu, et certains membres du staff et de la presse ont pu faire la photo avec les Ukrainiens.
Si une partie du public est tranquillement rentrée chez elle, les autres ont rejoint l’after party. L’occasion pour l’équipe organisatrice de souffler et de décompresser, car la préparation de l’évènement et la gestion des artistes est toujours délicate et objet de stress. Un grand bravo à toute l’équipe d’OGAE Luxembourg pour l’organisation de ce spectacle. On est déjà impatient d’assister au prochain, qui promet d’être mémorable car ce sera le dixième anniversaire.

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